Michel Blazy
Michel Blazy produit des oeuvres où la décomposition et le devenir des objets organiques structurent de manière aléatoire sa pratique. Le collant, le liquide ou le mousseux sont des matières récurrentes qui permettent à l’artiste de ne jamais s’enfermer dans une conception finie de l’oeuvre d’art.
Privilégiant les matières pauvres, voire comestibles, l’artiste
laisse libre champ à un hasard contrôlé et à la beauté de
l’éphémère.
Reprenant l’icône des premiers jeux vidéos "Pac Man", l’artiste
élabore un clone en spaghetti, Patman 2 (2006). Débordant l’imaginaire informatique, la sculpture de l’artiste produite par le Palais de Tokyo joue d’un rapport décalé à la matière comestible en envahissant l’espace de sa présence étrange.
Dossier de presse / Palais de Tokyo / Cinq milliards d'années/ 14.09 - 31.12.2006
Michel Blazy travaille avec des matériaux périssables issus du quotidien : coton hydrophile, papier toilette, sacs plastique, aliments.
Avec eux, il crée des installations précaires qui croissent ou dépérissent pendant la durée de ses expositions. Ses photographies et vidéos enregistrent des événements tout aussi fragiles et poétiques.
Michel Blazy travaille avec le vivant. Il le place au centre de son travail d’artiste et le laisse « faire son œuvre ».
Dispositifs évolutifs et installations éphémères lui permettent d’explorer la prolifération incontrôlée de micro-organismes dont les transformations et changements d’état sont autant de moments nécessaires à l’activation de l’œuvre et à son développement, au sens le plus concret du terme. Bâtisseur d’univers aléatoires et fragiles, Michel Blazy aime manipuler les matières, tenter d’en contrôler disparition et transformation ou, bien au contraire, en être entièrement dépendant. Les micro-événements que l’aventure suscite sont essentiels aux déploiements du parcours : germinations souhaitées ou accidentelles, dessiccations et altérations des matières, moisissures et pourrissements microscopiques, dégradations des surfaces, dégénérescences, transmutations, décrépitudes des formes, toutes ces énergies fébriles du vivant sont revendiquées par l’artiste comme autant d’opérations essentielles à l’élaboration de l’œuvre.
Le vivant ne se conçoit pas sans de multiples énergies mortifères, métamorphoses et nombreuses étrangetés. Les œuvres de l’artiste intègrent cette complexité qui se déploie avec toutes ses ambiguïtés, son caractère parfois inquiétant, voire repoussant. Araignées, peau de bête, trophée de chasse, champignon atomique, squelettes… autant de sculptures en matières comestibles qui forment un étrange bestiaire, un cabinet de curiosités paradoxales.
Statique sous un certain angle, le travail de l’artiste est en réalité habité par une multitude d’infimes mouvements qui ne cessent de faire et de défaire les formes à chaque instant, déroutant les catégories de la perception, aussi bien que celles du monde de l’art.
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires






