Communiqué

Septembre 2006, Hervé Di Rosa accompagné de sa famille, revient en France. Initié en 1993, son tour du monde l’a mené en quatorze étapes, en Afrique, en Asie et en Amérique. Après deux séjours de longue durée à Mexico et à Miami, il pose pour quelque temps, ses valises à Paris.

Pour cette occasion, la galerie Louis Carré lui consacre une exposition illustrant ses voyages entre 1993 à 2005.

Artiste pérégrin, il fait preuve d’une large disponibilité au métissage anthropologique et culturel local. Il veut vivre pleinement, et pour cela il lui faut apprendre. Apprendre à peindre comme peignent les hommes d’ailleurs, des hommes différents, tributaires de cultures différentes. Il sait faire preuve

L’occasion de se familiariser avec des techniques en voie de disparition, il l’a saisie une première fois en Bulgarie où il se familiarise avec la technique des icônes (tempera et feuilles d’or) auprès de Roumène Kirinkov. La série des Dirosaïcones est présentée à la Fiac sur le stand de la galerie Louis Carré en 1993.

Après la Bulgarie, la deuxième étape du tour du monde est le Ghana où il se rend pour exécuter, avec la collaboration de l’atelier d’Almighty God Art Works à Kumasi, des peintures sur panneaux qui s’inspirent de l’esprit des enseignes publicitaires créées et diffusées dans cette partie de l’Afrique (exposition Suame Junction, Kumasi (Ghana) présentée en 1994 à la galerie Louis Carré).

La troisième étape est le Bénin où il réalise des appliqués en coton, tissés main, teints et cousus avec l’aide des frères Yémadjé – descendants de la caste des couturiers d’appliqués créée par le roi d’Abomey à la fin du XVIIIe siècle (exposition au musée national des arts d’Afrique et d’Océanie à Paris en 1995).

Pour la quatrième étape, il séjourne à Addis-Abeba en Éthiopie. Il peint sur des peaux de zébu et de chèvre, dans la tradition des artistes moines de Lalibela, reproduisant depuis des générations des textes bibliques et des images saintes. Les peaux sont tendues sur des cadres en bois d’eucalyptus (exposition Asmara Road, Addis-Abeba (Éthiopie), à la galerie Louis Carré en 1996).

La cinquième étape de son tour du monde le mène à l’Île Maurice et à l’Île de la Réunion où il exécute des lithographies et des gravures sur des matériaux «pauvres» (papier, carton). Il réalise in situ une mosaïque en pierre volcanique sur la façade de la médiathèque de Saint-Pierre de la Réunion (exposition au musée national de l’Estampe de Gravelines en 2000).

Patrimonio en Corse accueille la sixième étape. Hervé Di Rosa rencontre Joseph Orsolini qui lui fait découvrir le patrimoine mal connu des fresques anciennes dans les églises des environs de Cortez, celles réalisées par des peintres italiens du XVe et du XVle siècle. Il l’accompagne dans la réalisation de peintures «a fresca», (expositions au centre culturel de Bastia et au mujsée Fesh à Ajaccio en 1998).

Pour la septième étape, il s’envole pour le Vietnam où dans l’atelier du maître laqueur Lê Nghiêm, à Binh Dùong (à 40 km d’Hô Chi Minh Ville), il réalise des peintures traditionnelles sur des panneaux de bois laqués enrichis d’inscrustations de nacre et de coquille d’œuf selon une technique artisanale sophistiquée remontant au XVe siècle (exposition Tuong Binh-Hiêp, Binh Dùong, (Viêt Nam), à la Fiac, stand de la galerie Louis Carré en 1998).

Après le Ghana, le Bénin et l’Éthiopie, l’Afrique du Sud, huitième étape du tour du monde d’Hervé Di Rosa, complète sa cartographie intime de l’Afrique. À Durban, au Bat Shop, sorte de boutique coopérative regroupant tous les savoir-faire des town ship, il crée avec des artisans Zoulous, des «mandalas», tressages en câbles de téléphone et de pièces en perles de verre et de plastique.

Pour les trois escales suivantes, il choisit l’Amérique.
D’abord Cuba, pays des Grandes Antilles et neuvième étape, où au Taller Experimental de Litografía à La Havane, il réalise une série de lithographies en utilisant les pierres matrices originales servant à l’impression des bagues et des «vista» décorant les boîtes de cigares, (exposition au musée national de l’Estampe de Gravelines en 2000).

Puis le Mexique en Amérique centrale, dixième étape. En 2000, il s’installe avec sa famille à Mexico où il vit et travaille pendant deux années. Il peint à la manière des ex-voto mexicains, élabore avec les frères Soteno, artisans de la ville de Métepec (état de Mexico), des «arbres de vie» en terre cuite peinte. Il réalise une série de peintures à l’huile et cadres en laque d’Olinala (état du Guerrero), puis une série de peintures sur papier amate et cadres en pweter ou en argent repoussé (expositions Hervé Di Rosa. Sierra Leona 370, México D.F., 10e étape du tour du monde, galerie Louis Carré, 2002 ; Hervé Di Rosa. Sierra Leona 370, México D.F., 10e étape du tour du monde – 2e partie, galerie Louis Carré, 2004).

Enfin les États-Unis, douzième étape du tour du monde. Au mois d’août 2002, il s’installe en Floride, à Miami Beach. Il entreprend la série des paysages de Miami qui révèle un visage méconnu de la ville. Pour la première fois, Di Rosa s’intéresse à l’architecture. Face au motif (un garage, un restaurant, un supermarché), il invente un environnement neutre et nu. La composition est simple et dépouillée, les couleurs posées en aplats. Dans l’atelier d’Olivier Haligon, il réalise des sculptures en résine de polyester puis commence la série des «Miami Pieces», œuvres au format imposant, constituées d’une centaine de petits tableaux encadrés que l’artiste exécute au fur et à mesure, (exposition Hervé Di Rosa. Miami Landscape. Autour du monde, 12e étape : Miami Beach, galerie Louis Carré, 2005).

Entre-temps en 2003, Hervé Di Rosa se rend à Founbam dans l’ouest du Cameroun, onzième étape, pour réaliser avec les artisans Bamoun, une série de plus de 100 sculptures en bronze à la cire perdue selon une technique très ancienne des bronziers de cette région.

2004, il entreprend avec la communauté haïtienne de Miami, une série d’œuvres réalisées suivant la technique des «vodou flags» haïtiens, préfiguration de la quatorzième étape.
Il vient de rentrer à Paris et aussitôt, il entreprend une série de paysages urbains dans l’esprit de Miami Landscape, tout en poursuivant son tour du monde.

En 1994, Pierre Restany écrivait : “Ces œuvres nous apparaissent comme vraies. Elles sont porteuses d’un message authentique qui est l’émanation du lieu où elles ont été créées. Hervé Di Rosa s’approprie des techniques locales pour obtenir une image qui est le fruit d’un système d’apparences incontournables. Le but de ce système n’est pas de nous représenter tel ou tel fragment du réel, mais de nous présenter la vérité spécifique du lieu. Nous passons ainsi d’un art de la représentation à un art de la présentation. Ce qui nous est présenté c’est un système d’apparences qui tendent à nous montrer la vérité émanant de tel ou tel lieu. Mais cette vérité, pour que nous la percevions comme véridique, encore faut-il qu’elle soit un peu plus vraie que nature. Et dans le cas qui nous concerne, c’est la bonté du cœur qui crée le miracle, la marque ineffaçable de la joie de vivre dans le lieu de l’action peinte, à l’unisson des hommes du lieu, dans un moment privilégié où tout est plus vrai.”

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Lieu d'exposition
Galerie Louis Carre & Cie
10 Avenue de Messine
F-75008 Paris, France

Dates
du 16/11/2006 au 22/12/2006
Artiste

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