Communiqué

Inspirée par l’un des chefs-d’oeuvre du CAPC, Inventaire des objets ayant appartenu à la jeune fille de Bordeaux de Christian Boltanski, cette exposition propose, à travers un regard sur la collection, une réflexion sur l’idée de musée. Conçue par Aurélie Voltz, cette exposition se déploie selon deux axes, empruntant d’une part sa forme à un autre musée, celui des Arts et Traditions Populaires, et d’autre part procédant à l’introduction - dans cette nouvelle enveloppe - d’oeuvres du Frac Collection Aquitaine et d’autres artistes d’une plus jeune génération, pour entrer en dialogue avec des pièces spécifiques de la collection du CAPC.

De l’oeuvre de Christian Boltanski au Musée des ATP, il n’y a qu’un pas. Rassemblant dans des vitrines plus de deux cents éléments rangés et étiquetés possédés par une inconnue résidant à Bordeaux, l’Inventaire rappelle les modes de présentation propres aux musées ethnographiques, soucieux d’objectivité scientifique et d’une mémoire collective à partager. En hommage au Musée National des Arts et Traditions Populaires, aujourd’hui disparu, Capc, ou la vie saisie par l’art tente de faire revivre un musée à travers l’autre.

L’exposition, mettant de côté pour un temps l’histoire de l’art, reconsidère la collection selon différentes géographies, activités de l’homme ou faits sociaux. Les dix-sept salles des galeries Foy et Ferrère se déroulent comme on lit un livre, par chapitres, au fil des oeuvres et des artistes, laissant l’imagination faire son chemin. Leurs intitulés, empruntés au départ à Georges-Henri Rivière, fondateur des ATP en 1937, font l’objet d’une réappropriation. 

De la salle des rivières à la salle des champs, de la salle des âges de la vie à la salle de l’imagerie religieuse, le spectateur est face à un corpus d’oeuvres ne répondant plus forcément à une histoire commune, connue ou à un concept précis mais procédant d’associations libres, formelles, matérielles, thématiques, souvent poétiques.

Du côté des rivières se côtoient par exemple l’oiseau de Chohreh Feyzdjou, les têtards de Miquel Barceló, les sculptures en roseaux de Michel Aubry mais aussi les oeuvres abstraites aux accents fluides de Myriam Holme. Plus loin, dans la salle des portraits, dialoguent le buste de lapin de Richard Fauguet et la tête en pain de Costa Vece.

La vue en perspective des galeries et une scénographie réduite à l’extrême ont pour objectif de renouer avec l’architecture mais aussi de mettre en valeur les oeuvres dans le contexte original du bâtiment : un lieu de travail, de vie, où l’homme a son histoire.
Si l’un des objectifs de Georges-Henri Rivière était un musée sans guide montrant l’unité de l’homme dans la pluralité des cultures, les oeuvres de la collection du CAPC, du Frac Aquitaine et des artistes invités, rassemblées ici sous de nouveaux horizons, apparaissent sous un autre jour. Aussi différentes soient-elles, aussi étranges en soient les rapprochements, elles partagent un univers où rien ne sépare plus les êtres et les choses.

Aurélie Voltz est née en 1973 à Paris. Diplômée de l’Ecole du Louvre, elle devient commissaire d’expositions au Musée d’art Moderne de la Ville de Paris et au Palais de Tokyo. Elle est curator indépendante depuis 2005 et vit à Berlin.

commissaire(s) : Aurélie Voltz

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Lieu d'exposition
CAPC - Musée d'art contemporain
7 rue Ferrère
33000 Bordeaux, France

Dates
du 05/02/2010 au 29/09/2010