Françoise Vergier est née en 1952. Elle vit dans le Sud de la France dont elle est originaire. Issue d’une famille d’agriculteurs, elle entretient un rapport extrêmement fort avec la terre et la plupart de ses œuvres établissent un lien entre le corps féminin et le paysage. Françoise Vergier définit le rôle de l’artiste, en marge du monde de l’art (le seul mouvement auquel il semblerait possible de la rattacher est le surréalisme), comme une économie qui met en évidence les correspondances entre l’intime et le monde, où se correspondent les lignes du paysage et le réseau capillaire qui irrigue le corps.
Dans les années 70, elle se démarque d’une esthétique conceptuelle et convoque dans ses œuvres des références aussi variées que Courbet, Vermeer, Hölderlin, Giorgione… A partir des années 80, sa sculpture s’enrichit d’un poids nouveau et trouve une expression plus incarnée dans des citations de fragments du corps féminin: la tête, le buste, la main, le nombril, l’œil. Mais si la femme a été un sujet privilégié de l’art, et notamment de la sculpture, ce que nous proposent les œuvres de Françoise Vergier -en concordance avec une évolution récente de l’histoire où les femmes, de modèles et d’égéries qu’elles étaient, sont auteurs- c’est le corps féminin revendiqué par une femme.
À mi-chemin entre objet et sculpture, les œuvres de Françoise Vergier, souvent de petite taille, concentrent une charge métaphorique et poétique forte, parfois à la limite du kitsch, quand elle entoure de colliers les épaules d’un buste en terre cuite. La superposition et la surcharge de sens des objets de culte populaire sont ici présentes sous l’extrême brillance des émaux ou les reflets des globes de verre qui contiennent les formes, interdisant toutes autres proximités que mentales et rituelles. Prises entre l’extrême raffinement et l’étrange -par exemple quand Françoise Vergier recouvre telle pièce d’un paysage fluide qui n’a rien à envier aux camaïeux des paysages chinois les plus classiques, alors que certaines couleurs, les bruns, les violines dans leur incertitude sont presque repoussantes- ces sculptures nous placent comme tout vrai mystère entre attirance et répulsion.