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| << Tintin Wulia | Erwin Wurm |
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| Nom | Wurm |
|---|---|
| Prénom | Erwin |
| Né en | 1954 |
| Vit et travaille à | Vienne, Autriche |
| Mouvement | Art conceptuel |
| Techniques principales |
Technique Mixte Sculpture Installation |
Qu’elle utilise les objets du quotidien (les habits notamment), la vidéo, le dessin, la photographie, l’œuvre d’Erwin Wurm s’inscrit incontestablement dans le champ des questionnements de la sculpture contemporaine : une sculpture qui aurait délaissé les moyens et les techniques traditionnels (taille, modelage de la matière…) pour interroger les formes et l’espace avec la plus grande fluidité. Très informé, dès ses années d’étude à la Kunstakademie de Vienne, des démarches des artistes Fluxus, Erwin Wurm se tient cependant à distance d’un mouvement qui tend souvent selon lui à une fétichisation pauvre de l’objet d’art. Son travail conserve toutefois l’inspiration majeure de Fluxus qui invite à chercher l’art dans le mouvement même de la vie et dans les conditions de l’existence singulière.
Réalisée pour l’exposition Poussière (dust memories) en 1998, Descartes, Montaigne, Kant utilise trois socles pris directement dans les réserves de l’institution. Un mince voile de poussière est saupoudré autour d’une forme carrée posée sur chacun d’eux, simulant ainsi après son retrait la disparition de bustes classiques. Enfin la disposition des trois socles autour d’un espace central obéit à l’idée d’une proximité de l’œuvre avec le spectateur, celui-ci pouvant venir prendre place au milieu de la conversation hypothétique de trois « philosophes » et parfois, par négligence, inscrire sa propre trace dans un débat qui, sans autre forme d’autorité, lui est ouvert.
Ilk de 1992 est la seconde version d’une sculpture qui mêle un objet et sa propre représentation : deux cartons juxtaposés permettant la projection, à l’intérieur, d’une vidéo de ces deux mêmes cartons filmés peu avant l’ouverture de l’exposition. Le spectateur, en tournant autour des cartons, réalise le même mouvement que celui de la caméra, peu avant lui. Puis il se rapproche et se baisse pour voir, à l’arrêt, et en « différé », ce qu’il vient de voir en marchant. L’œuvre est ainsi le lieu d’une prise de conscience de la relation du corps et du regard dans un temps et un espace mis en abyme, indiquant l’écart irréductible de toutes nos représentations du réel.
La sculpture Sans titre (1990-1992) procède, comme toutes les œuvres de cette période d’une mise en forme de vêtements choisis par l’artiste. Ce dernier cherche à déployer chaque habit selon ses plus grandes dimensions possibles, ou bien à l’adapter exactement à la forme d’un socle, créant ainsi une sorte de « sculpture prête-à-porter ». Sans titre montre les deux possibilités en provoquant, sur un tapis-socle, la confrontation de deux formes que nul n’aurait soupçonné nos propres habits capables d’adopter…
One minute sculpture, est le titre générique des œuvres qu’Erwin Wurm réalise en invitant une personne à se mettre en situation temporaire avec un vêtement ou un objet. La pièce photographique One minute sculpture du Frac est l’assemblage de quatre mises en forme d’un même pullover vert par les positions différentes du corps qui vient l’occuper. Le temps de chacune de ces performances est évidemment très court, comme une invitation pour chacun à s’impliquer dans la gratuité d’une expérience artistique, que seul le regard de l’autre pourra apprécier dans son étrangeté. Les One minute sculptures d’Erwin Wurm convoquent donc deux histoires essentielles dans l’art du XXe siècle : celle relative aux objets (le ready-made) et celle relative au corps (la performance).
Emmanuel Latreille


