| Nom | Emard |
|---|---|
| Prénom | Anne-Sophie |
| Née en | 1973 |
| Vit et travaille à | Clermont-Ferrand, France |
| Techniques principales |
Photographie |
« Ce que me semble chercher, avec une obstination légère, une certitude douce, Anne-Sophie Emard, c’est à mettre à jour le fonctionnement de la pensée et, ce faisant, la compréhension du monde. Dans les propositions d’Anne-Sophie Emard, et elle le dit elle-même, « on regarde autre chose que ce que l’on voit », et si l’artiste met souvent en rapport deux images, ce n’est pas pour que l’on « voit » ces deux images, mais pour que l’on en voit une autre, pas une troisième, une autre, une image-construction, une image-pensée.
…
Le voyage « en soi » est un voyage qui dure tout le temps que la vie dure. Ce voyage, bien sûr, se nourrit par tout ce que chacun de nous rencontre « hors de soi ». Il s’en nourrit et s’en trouve compliqué. Il nous faut faire la part de ce qui est signe et de ce qui est sens, de ce qui nous éloigne de « l’en soi » et de qui nous permet de nous en rapprocher. Ce sont ces signes, c’est cette recherche du sens que l’œuvre d’Anne-Sophie Emard me semble travailler, et c’est pourquoi ce travail nous est précieux. »
Arnaud Laporte
Anne-Sophie Emard utilise plusieurs supports mais privilégie depuis trois ans la photographie et la vidéo qui sont étroitement liées dans sa démarche.
Ses « captations » (prises de vues, photographies) sont le fruit d’un long travail d’observation renforcé en 2003 par une résidence de six mois à Montréal. Son projet reposait alors sur la traduction des contrastes de son environnement : climatiques, culturels, géographiques. Son objectif était de fabriquer des images dé-naturées à la frontière de la réalité, mêlant subtilement l’artifice au réel.
Cette démarche s’est poursuivie au-delà de ce cadre de recherche notamment dans la série photographique Sanctuaire amorcée au Canada et sur laquelle elle travaille encore aujourd’hui. Dans ce travail le lien avec sa démarche de vidéaste est flagrant, elle propose des supports et des formats variés (caissons lumineux, diasec, polyptiques) et revendique ainsi l’idée de la transition, de l’ellipse, de l’adaptation d’un vocabulaire de l’image en mouvement à des images fixes.
Dans ses photographies, elle a tendance à supprimer toute présence, à mettre en avant une impression d’espaces scéniques désertés. Seuls quelques fragments de visages et de corps apparaissent dans ces derniers travaux, il ne s’agit pas de prises de vue directes mais d’emprunts cinématographiques.
La vidéo d’Anne-Sophie Emard se présente le plus souvent sous forme d’installation modulable s’adaptant ainsi au lieu et au moment où celle-ci est montrée. Images fragmentées, incrustées envahissent ses écrans, un mixage soigneux d’écritures, de paysages, de matière filmique puisée dans de nombreux films référents qu’elle découpe, retravaille, extrait de leur contexte pour les ré-injecter dans son univers. Elle s’interroge ainsi sur la façon dont on emmagasine les souvenirs, sur la forme dont on les restitue, sur le mécanisme de la pensée et de la mémoire.
Galerie Odile Ouizeman
| Tout afficher | Masquer |
|
|





Formation de Anne-Sophie Emard